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Megève autrefois

"Souvenirs de l'avenir"

 

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Imaginez… Imaginez un petit bourg alpestre, à l’aube de la IIIe République… Il fait très beau… Tout semble calme en cette après-midi d’été – bientôt trois heures et demi vous indique l’horloge du clocher. Seul murmure à vos pieds le torrent des Cordes – ou du Planay –, enjambé par deux vieux ponts de pierre. Un petit bonhomme vous observe avec curiosité, accoudé au parapet du plus proche. Un jour, dans des dizaines d’années, s’élèvera où vous vous trouvez un établissement nommé le Cintra, mais vous l’ignorez encoreUne grande croix de pierre, venue en 1858 en remplacer une autre détruite sous la Révolution, se dresse à l’entrée de la place, sous l’ombre protectrice du prieuré et de l’église. A l’horizon, resplendit une grappe de constructions récentes, étagées à flanc de montagne. Le Calvaire, pour lequel les braves paroissiens n’ont pas ménagé leur peine sous la férule de leur fameux curé Ambroise Martin, fait désormais la renommée du village, auparavant quasiment ignoré des voyageurs.

 

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Vous quittez votre perchoir et descendez sur la place, en empruntant le petit pont. Le chalet en bois qui vous la masquait est à présent dans votre dos.Le prieuré, avec sa charmante tour médiévale et son porche sculpté donnant sur une cour intérieure, attire votre regard.Le bâtiment de droite, édifié dans l’enceinte du prieuré après le rattachement à la France et la mort du Père Martin, accueille depuis 1867 la « Poste aux lettres », comme vous l’apprend un petit écriteau au-dessus de la porte d’entrée. Il est un peu plus de quatre heures – difficile d’oublier l’inexorable fuite du temps avec ce clocher qui depuis 1872 arbore un cadran sur chacune de ses faces.  Mais le bureau de poste est encore ouvert – heureuse époque ! 

 

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Le temps s’écoule pour vous par bouffées. L’espace d’un clignement d’œil, la place a déjà changé d’aspect. Une route la traverse maintenant de part en part, grâce à un nouveau pont. Plusieurs années semblent avoir passé. En 1891, vous souvenez-vous, des édifices ont dû être démolis pour permettre le passage d’une route nationale. Un petit commerce, au nom de « Morand Michel », borde la nouvelle voie, tandis que la Poste a migré en 1882 de quelques mètres dans le bâtiment adjacent, plus vaste.

 

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Vous jetez à présent un œil sur la droite ; la vieille halle, qui sert présentement surtout de hangar pour loger les pompes à incendie, et la maison en bois, qui abrite le café « de la Poste », sont toujours là. Mais pour combien de temps encore ?

 

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Au moins, l’église vous paraît être restée identique à elle-même… depuis l’ajout au début des années 1870 de l’avant-nef richement ornée de statues de saints. Les croix vous semblent juste un peu plus nombreuses dans le cimetière qui la ceint entièrement. Une ménagère lave son linge au lavoir. Scène banale de la vie quotidienne du temps. 


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Les années défilent... Les petits commerces fleurissent. Un café au bord du torrent, une épicerie-mercerie au rez-de-chaussée de l’étroit bâtiment accolé à la tour du prieuré… L’enseigne de la boutique de « Morand Michel » est maintenant au nom de « Veuve Morand » (« Epicerie et Comestibles – parapluies, chaussure en tout genre »). Ah, la « Meni » Morand est depuis longtemps une figure de la place. La « Poste aux lettres » s’est quant à elle muée en « Poste et Télégraphe ».

 

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1906. Un grand bâtiment en pierre est en train d’être élevé à l’emplacement de la halle et du chalet en bois. Des fils électriques zèbrent le ciel en tous sens. Cela fait déjà quelque onze ans que la grande croix a été déplacée derrière la Poste, pour faire de la place. Rien ne semble devoir s’opposer à la marche du progrès.


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Le temps de tourner la tête en direction du presbytère, quatre années de plus se sont écoulées. C’est déjà 1910. Derrière le presbytère, où réside depuis trois ans le curé Maistre, dans la « route du patronage », vous remarquez de justesse un bâtiment portant l’enseigne d’un tailleur, un certain Antoine Allard.

 

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La Belle Époque n’est déjà plus qu’un souvenir. Les visages sont graves. Vous voilà en pleine Guerre mondiale. Réunis autour du porche de la nouvelle mairie, qui abrite en son rez-de-chaussée les « Postes Télégraphes Téléphones » et l’ex café « de la Poste », les habitants attendent que leurs chevaux et mulets soient recensés.


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Sans trop savoir comment, vous vous retrouvez brièvement au milieu de la route nationale. Vous reconnaissez immédiatement face à vous la vieille tour Magdelain mais découvrez à sa droite un nouvel établissement touristique, l’Hôtel du Mont Blanc, ouvert pourtant dès 1914.

 

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La guerre est terminée, vous le devinez au changement d’ambiance. Le bourg rural devient station de ski à la mode. L’ancienne petite épicerie des Morand s’est transformée en magasin dédié aux sports d’hiver, vendant des cartes, des guides touristiques et autres articles. Le tailleur Allard s’est installé dans le bâtiment accolé à la tour du prieuré. Reconstruit, il masque maintenant fâcheusement en partie cette dernière.


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Vous arrivez au seuil des années 30. Désormais bien familier des lieux, vous remarquez d’emblée la disparition de la croix, transplantée en 1925 dans le nouveau cimetière. A sa place, se dresse le triste monument aux morts de la guerre de 1914-1918, inauguré en 1923.

 

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Nouveau petit bond dans le temps, dans les années 30. La place vous semble plus grande. Ce n’est pas une illusion. Le torrent a été recouvert en 1924, entraînant la destruction du vieux pont des Cinq-Rues, mais permettant notamment la construction, derrière la mairie, de l’Hôtel des Trois pigeons. Le cimetière et le lavoir ont à leur tour également disparu.


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La place s’est encore agrandie. L’immeuble dit du Petit Prieuré, où se trouvait jadis la Poste, a lui aussi été rasé, en 1937. Il donnait pourtant l’illusion de devoir faire éternellement partie du paysage. Vous ne retrouvez pas non plus la Poste où vous l’aviez laissé, au rez-de-chaussée de la mairie. A sa place, depuis 1935, s’affiche le syndicat d’initiative. La coopérative d’alimentation subsiste en revanche encore, depuis 1924, dans l’autre aile du bâtiment public. Les véhicules, à moteur ou à cheval, vous apparaissent garés de façon toujours plus anarchique. Mais vous ne vous en étonnez pas outre mesure : depuis la construction d’une déviation en 1938, la route nationale ne traverse plus la place. Et voici de nouveau la guerre, puis les jours de la libération…

 

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Un parking garni de voitures individuelles occupe maintenant la majeure partie de l’espace public. Pas de doute, vous avez atteint ces fameuses « Trente Glorieuses » où la possession d’une automobile symbolise la généralisation d’un mode de vie propre à une société de consommation de masse. Dans un second temps, vous remarquez certains détails qui vous avaient échappé jusque-là : l’ancien porche d’entrée du prieuré n’a pas été lui aussi détruit en 1937 mais plaqué contre la façade latérale de l’église, autour d’une porte annexe, et le monument aux morts a été déplacé pour bien dégager la place.

 

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Votre périple spatio-temporel vous conduit au début du XXIe siècle. En 2013, les automobiles ont étrangement déserté la place. Vous vous rappelez alors qu’elle a été fermée à la circulation automobile dès les années 80. Et qu’elle a été pavée au début de la décennie suivante, pour la rendre définitivement aux piétons et aux véhicules hippomobiles – la foule nombreuse vous frappe également. Les façades de la plupart des bâtiments bordant la place, dont le prieuré, l’église et le presbytère, ont été rénovées dans les années 1990 et 2000. Vous notez également la multiplication des jardinières et bacs à fleurs. L’ensemble vous procure l’impression d’un décor très étudié, cossu et pimpant.

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